Mercredi 07 janvier 2015

J-170 : le mercredi en deuil

Cette année, je voudrais ouvrir ce blog à d'autres choses que la CAP ou le sport ; parce que je réalise que cela n'adoucie nullement les moeurs : les cons qui courent ou qui ne courent pas, resteront toujours des cons ... Aussi, je me prends la tête, dés le matin, avec une ancienne de C.A.F., @Rohini, au sujet d'articles, parus dans la presse, relatifs au dernier livre de Michel Houellebecq, Soumission. Je cite la demoiselle, meilleure dans le rôle de la triathlète-guerrière que dans celui de critique littéraire parlant d'un ouvrage dont elle n'a même pas lu la première page : "y'en a marre de tous ces cons qui surfent sur la puanteur ambiante", sous-entendu, on devrait interdire la publication de certains écrits ; ou bien encore "franchement, la qualité littéraire, je m'en fiche lorsque les idées et le fond sont de cet acabit", sous-entendu, on peut écrire sur certains sujets mais pas sur d'autres.

Ah ben oui et pourquoi ne pas faire comme dans Farenheit 451 de Ray Bradbury et brûler les oeuvres qui nous paraîtraient par trop subversives, comme celles de Céline ou de Drieu-la-Rochelle par exemple, ou bien encore, dans un autre temps, bannir Victor Hugo ou lancer une fatwa contre Salman Rushdie ... Vous me direz que, sur ces deux derniers points, c'est trop tard et que cela a déjà été fait. En effet.

Soyons clairs, je n'ai jamais lu Michel Houellebecq et les postures du bonhomme me déplaisent éminemment, mais il faut faire attention à ne pas ressembler à ce et ceux que nous entendons combattre : des idées, des écrits ne sont pas des actes et il me semble plus important que tout, de ne pas museler la liberté de penser, la liberté d'écrire, la liberté de parler et d'échanger sur quel que sujet que ce soit, consensuel ou pas.

On peut ne pas aimer, ne pas partager, ne pas être d'accord, ne pas acheter, ne pas lire, mais on ne peut pas interdire au prétexte que ce n'est pas convenable, que ce serait "nauséabond" ou que cela "filerait la gerbe" (dixit Ali Babou dans the Huffington post du 06/01/2015). Nous sommes dans une démocratie. Nous sommes libres. Libres d'écrire, libres de lire, libres d'agréer ou pas ; et commencer à interdire, cela signifierait la mort de notre Liberté. Les ouvrages de fiction sont là pour nous faire réfléchir et/ou nous forger une opinion et si, parfois, ils soulèvent aussi la polémique, c'est peut-être tant mieux ; car nous savons qu'à la fin, le temps qui passe, se chargera d'effacer tout le surplus sans grande valeur littéraire ajoutée ...

A notre génération binaire, abreuvée au lait douceâtre de la télé-réalité, il est si simple d'inclure ou d'exclure : OUI/1, je te plébiscite ; NON/0, je t'élimine. Je te fais disparaître et je te rejette parce que je ne t'aime pas, parce que tes propos ne me siéent pas, parce que tes idées me révulsent ou parce que les autres disent de toi qu'il ne faut pas frayer avec toi. Inutile de discuter, d'argumenter ou même de prendre le temps de réfléchir ... C'est simple, simpliste, radicalement efficace et terriblement violent. Tu es "raciste", "islamophobe", "sexiste", "homophobe", ... Le débat n'a même débuté que ces quelques mots, jetés d'emblée, le closent en moins d'une nano-seconde. Trop facile : "tu sais que tu es antisémite quand tu ...", je vous laisse compléter les points de suspension.

Très peu de temps après, un petit groupe d'islamistes pénétraient dans la rédaction de Charlie Hebdo et exécutaient froidement et à bout portant, 12 personnes, parmi lesquelles de très grands humoristes. Douze personnes qui ne partageaient pas leur doctrine ... Triste journée. Noir, trop noir mercredi. Je suis en deuil à présent. Nous sommes en deuil maintenant et toute la France est en pleurs ... Mais j'aurais préféré que notre liberté, liberté si chérie et sans cesse à chérir, ne nous soit pas rappelée ainsi.

A côté de ces dramatiques événements, ma petite sortie CAP EF de ce matin est totalement insignifiante. Mais j'étais bien, seule et libre dans la vallée de l'Urne ; je n'ose même pas imaginer qu'un jour, quelqu'un ou quelques doctrines puissent restreindre mes libertés, dont celle d'aller où je le veux, quand je le veux, si je le veux, au seul prétexte de mon sexe ou de quelques obscures croyances idéologiques ...


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