Ma
balade dans les Monts d'Arrée m'a donné très envie de refaire
revivre mon blog, le blog de Valdes. Non plus sous la forme
d'entraînements ou d'épreuves sportives réalisées qui, à dire
vrai, n'avaient plus grand intéret ; mais sous la forme
d'itinérances, à pied ou à vélo et des belles rencontres que l'on
peut y faire. Une manière aussi de faire durer le plaisir et
l'évocation ultérieure, de mes propres souvenirs. Le fameux "quand
je serais vieille" qui ne tardera plus maintenant ...
Et
puisqu'il faut bien un début à toute chose, je vais commencer par
mes trois jours dans les Monts d'Arrée. Une découverte fabuleuse.
D'emblée, je me promets d'y retourner. C'était tellement beau.
C'est tellement beau ...
La
Bretagne, j'ai beau y habiter, ça me gagne toujours. C'est
secret-sauvage. Exactement ce que j'aime.
Ma
balade dans les Monts d'Arrée. Jour 1. Les Foulées de Brasparts
Cela
m'arrive souvent, d'aller dans un lieu, d'y courir d'abord, avec ou
sans dossard et puis d'y randonner. La course, c'est le prétexte. La
randonnée, le but. Des fois l'inverse, mais assez rarement
quand même. J'appelle cela « faire du tourisme sportif ».
Donc là, je m'étais inscrite sur un « petit » trail de
22-23 km, avec pour seul objectif de ne pas être tout à fait la
dernière (mais au final, je n'en étais pas loin). C'était sympa.
Très joli. Bien organisé. Avec des panoramas superbes. Pendant
toute l'épreuve, je me réjouissais d'avance des randonnées à
venir. J'avais même hate d'y être.
J'ai
fait les derniers kilomètres avec une coureuse du Val de Rueil
Athlétique Club. Franchement, j'aime bien les maillots de club. Moi,
je n'avais pas mis le mien, je me le réserve pour les compétitions
de Marche Athlétique et parce qu'il est trop beau et que je ne veux
pas l'abimer. Mais les maillots club, sincèrement, « j'aime ».
Cela permet de faire connaissance.
Ce
trail m'a permis de faire également connaissance avec la Chapelle
Saint-Michel de Brasparts, au sommet du Ménez Mikel que j'allais
gravir à nouveau le lendemain et, sur lequel, j'ai bien cru que
j'allais m'envoler, moi et mon sac poubelle ; car bien sûr, nous
sommes dans le Finistère et c'est toujours un peu frisquet, même en
été et surtout ça soufflait fort, très fort, aujourd'hui, avec
des rafales de secteur Sud-Ouest pointées à +80 km/h.
Là,
une petite photo de la Chapelle Saint-Michel de Brasparts, au sommet
du Ménez Mikel. Qui n'est pas de moi. Je n'avais pas pris l'appareil
photo ni le portable. Mon appareil photo est trop lourd et m'a
occasionné une petite tendinite à la main droite, lors d'une
précédente sortie. Aussi, je cite les références de mes liens, en
espérant qu'ils ne disparaissent pas dans le temps, comme cela
arrive trop souvent. Mais, à postériori, je regrette ce manque de
photos, donc il va vraiment falloir que j'y retourne.
(source
: Randozone)
Pour
la petite histoire, cette chapelle date de 1672, selon certains et ce
dont, je ne suis pas vraiment sûre, car il y a eu quelques
réfections/restaurations deçi delà, à travers le temps. Mais
bref, de là, le panorama, même par temps moyen, comme ce fût le
cas, comme bien souvent, c'est genre "whaouh, trop beau, plein
les mirettes" (panorama à 360 °).
(Source
: petit patrimoine)
Très
très beau. Le panorama, la vue, le trail. Petit retour en arrière.
si vous le voulez bien. La course est accessoire, la découverte du
lieu est l'objectif. Le Massif Armoricain est une très très très
ancienne chaîne de montagnes qui date du Palézoitique. Vous ne
savez pas ce que c'est ? Moi non plus et j'ai du me remémorer mes
cours de géologie, d'une UV optionnelle au CNAM et les mettre à
jour pour cela. L'ère Palézoitique, appelée aussi ère
"Primaire" a
duré 300 millions d'année (de -545 à -245 ma environ) ; elle a vu
naître les forêts carbonifères (le futur charbon) et les premiers
reptiles.Si ça ne vous dit toujours rien, sachez que les Alpes
occidentales que nous connaissons tous, datent du Cénozoïque (ou
ère secondaire) et du Mésozoique (ou ère tertiaire) ; soit de -252
à -66 millions d'année et cette orogénèse alpine n'est
toujours pas achevée. A ces dates-là, l'homme n'était pas encore
apparu. C'est vous dire notre "petitesse" au regard de
l'histoire de la Terre.Donc
aux "Foulées de Brasparts", dans le Massif Armoricain,
j'ai couru sur l'histoire. Sur des anciennes chaînes de montagne qui
culminaient peut-être, il y a très très très longtemps à +1000 m
et dont il ne reste que de rares mini sommets qui font dans les 385 m
aujourd'hui. Tout le reste a disparu avec l'érosion. Et c'est
impressionnant que de le réaliser.
(Source
: Wikipédia)
La
marque de l'Homme dans le temps et l'histoire, son empreinte sur la
Terre, dans un Univers que nul ne connait totalement, c'est vraiment
pas grand chose ; et, pour une fois, Macron a bien raison : nous ne
sommes que des RIENS. Lui, vous, comme moi. Nous sommes des petits
RIENS.Pour revenir à nos moutons, au final que se rappeler de cette
journée ? 1. Etre sur le Ménez Mikel, enveloppée dans un sac
poubelle et manquée de m'envoler, tellement le vent soufflait très
fort.2. Traverser les Noces de Pierre sans les voir, devoir y
retourner le lendemain, afin de les voir et avoir beaucoup de mal à
les retrouver. Eprouver au final que ce sont juste des petits
cailloux (encore des RIENS), à la dimension de la légende qui les
concerne. Ce ne serait autre
chose qu'une noce changée en pierres par la puissance divine, afin
de punir, d'une manière exemplaire, l'irrévérence des noceurs
envers les choses saintes
(source
: Libération)
3.
Descendre une vilaine pente abrupte, telle que je les déteste, du
genre "dré dans l'pentu" et qui font mal aux genoux ; se
retrouver soudain devant le grand vide et un spectacle en face à
vous coupez le souffle qui vous fait vous écriez "whaouh"
mais c'est quoi ce truc ? C'est quoi cette beauté ? Je ne le sais
toujours pas d'ailleurs. Je crois bien que c'était une falaise très
à pique avec des abres plantés au sommet et dont on se demandait
bien comment ils pouvaient tenir debout, comment leurs racines
avaient pu s'infiltrer dans la roche. C'était entre le 15ème et le
16ème kilomètre, si j'en crois IGN et sur des terrains privés
(donc inaccessibles en temps ordinaires).
4.
Courir avec Cindy dans de très jolis petits chemins creux, aux
abords de Brasparts et me dire que cette put'un de ligne d'arrivée
se fait copieusement désirer ; comme dans le château de Kafka ou
bien l'histoire d'Alice derrière le miroir, le genre d'arrivée qui
recule lorsque vous avancez ; mais, c'est un classique, sur les
trails, on vous anonce l'arrivée dans un kilomètre qui, dans la
réalité, en font au moins deux. C'est pour faire durer notre
plaisir.Après l'arrivée, je rejoins mon VVF à pied, en me
réjouissant d'avance des randonnées des deux jours qui vont suivre,
tellement tous les paysages, içi, sont d'une très grande beauté,
dans le genre âpre et dépouillée. J'en ai l'eau à la bouche.Le
circuit de la course (en bistre ; en vert, ce sera la rando de
demain).
C'est
la première fois que je fais un trail où tous les kilomètres sont
indiqués et même si cette indication semblait parfois un peu
optimiste, l'intension était louable et le boulot, colossal. Merci
aux organisateurs.



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