Ma ballade dans les Monts d'Arrée. Cloture

Avec un joli poème, écrit par Anne Perron (1908-2002), poétesse et institutrice à Hanvec de 1929 à 1937

Pen-Ar-Hoat

Sans vacuité je vis dans un pauvre village
Qui penche d'humbles toîts sur le maigre gazon
Loin du large chemin, j'ai pour tout horizon
La croupe du Ménez Arré fleuri d'ajoncs sauvages.

Là, toujours les blés brûlent les monts sans âge
Quand sortent les troupeaux à rugueuse toison ;
Là, toujours les hivers givrent d'un blanc feston
Les grands pins chevelus gardiens du paysage.

O pays primitif ignorant la douceur,
Par tes âpres versants le frustre laboureur
Défricheur de landiers rêve à son feu d'éteule.

Quand le naphte doré manque chez le marchand
On allume le suif, et je mêle en riant
Le fil noir au fil roux pour taquiner l'aïeule.

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