A force de contempler ma grande carte des voies vertes et véloroutes de Bretagne, un dimanche, forcément, l'envie fût la plus forte et j'ai pris mon vélo et ai enfin débuté mon exploration des véloroutes et voies vertes de Bretagne et mon dieu, quel bonheur.
L'envie m'a prise un dimanche matin. Je suis partie à 8H09', mais c'était sans doute encore un peu trop tard. J'avais tardé à me préparer, n'ayant pas vérifier mon vélo la veille au soir. J'avais réservé un billet de train TER Montauban-de-Bretagne à Saint-Brieuc pour revenir chez moi avec mon vélo. A très exactement 17H04', mais c'était sans doute encore un peu trop tôt. J'avais mal évalué les distances et le temps que je mettrais à les réaliser.
Je m'étais servie du site francevelotourisme.com et des petits dépliants délivrés dans les Offices de Tourisme des Côtes d'Armor, pour les évaluer.

(Source : rando.côtesd'armor.com)
Elles sont excellement détaillées et plutôt justes. Le seul soucis, c'est que c'est moi qui avait mal calculé ces distances. Oubliant d'y ajouter la distance entre mon domicile et le début de la V8 à Yffiniac et l'aléas des égarements, après Saint-Méen le Grand, pour trouver le départ de la V3 qui rallie Saint-Méen le Grand à Evran ou plus exactement, pour moi, Saint-Méen le Grand à Le Crouais.
Je pensais faire 150 km. J'en ferais quasiment quinze de plus. C'est beaucoup sur une seule journée. Surtout à VTT. J'allais donc avoir un problème de timing à Montauban-de-Bretagne.
1. Première étape : Saint-Brieuc au lac de Bosméléac
Le parcours Saint-Brieuc à Bosméléac, par la V8, m'était déjà connu. Je l'avais effectué à plusieurs reprises. Il est agréable. Passant à travers la campagne bien vallonnée des Côtes d'Armor. Empruntant des petites routes très peu fréquentées par les automobilistes. La distance entre le croisement de la V8 avec l'EV4, à Yffiniac et le lac de Bosméléac est très exactement de : 41,3 km et (D+ ?).
La V8 nous fait rouler entre Quessoy et Plédran, au sud de Saint-Brieuc, non loin du manoir du Colombier et du petit bourg de Hénon, reconnaissable de loin à son clocher tout au sommet de ce village haut perché. Il y a un diverticule qui permet d'ailleurs de se rendre au manoir du Colombier et à Moncontour, jolie petite cité de caractères.
(source : Moncontour.bzh)
Ensuite, on grimpe sur les collines au-dessus de Saint-Carreuc. La vue est belle sur la campagne vallonnée. Les jours de grands beaux temps, on peut même apercevoir, la mer et la Baie de Saint-Brieuc dans le lointain. Idéalement, la balade est à faire au printemps, avec l'odeur et les couleurs caractéristiques du colza en fleurs.
Puis l'on traverse la forêt de Lorge et ses petites routes bien défoncées et en passe de retourner à l'état de chemins. Encore quelques collines à grimper du côté d'Allineuc et l'on arrive au lac de Bosméléac et à la Rigole d'Hilvern.
(source : https://campingdebosmeleac.jimdo.com)
Fin de la première étape. On arrive sur la Rigole d'Hilvern.
2. Deuxième étape : la Rigole d'Hivern
La Rigole d'Hilvern je l'avais déjà exploré en juillet 2013, juste après sa réfection et son inauguration au public (en avril de la même année).
Je n'y étais pas retournée dessus, depuis et je dois dire que ce fût une grande déception et une vraire horreur. Le tronçon Bosméléac et Le Quilio est toujours aussi agréable ; c'est ensuite que les choses deviennent difficiles. De nombreux deux routes, motorisés ou non, ainsi que des chevaux et des engins agricoles, doivent emprunter le tronçon Le Quillio à Saint-Carradec, en hiver, lorsque la Rigole est détrempée par les eaux de pluie. Résultat, en sèchant, la terre de la Rigole devient aussi gondolée que de la tole. C'est extrêmement désagréable de rouler là-dessus durant vingt kilomètres, même avec en VTT. J'avais mal aux épaules et aux bras, malgré les suspensions avant de mon vélo, à force de vibrations.
En fait, vu la configuration de la Rigole d'Hilvern, j'aurais du alors rejoindre la D130 et tout simplement couper ; mais je me disais que les choses s'arrangeraient dans un ou deux kilomètres. En fait non, c'est tout le sud de la Rigole qui a été massacré et qui est à refaire. Dix ans après sa réfection. C'est dommage. Le parcours est agréable et à l'écart de la circulation.
(source : AF3V)
Pour la petite histoire, la Rigole d'Hilvern était à l'origine un cours d'eau, totalement artificiel et complémentaire du Canal de Nantes à Brest. Il conduisait l'eau captée en amont sur l'Oust (retenue d'eau de Bosméléac), au point géographiquement le plus élevé du canal.
Elle a été creusée entre 1928 et 1938, à la force des bras des ouvriers désoeuvrés suite au déclin des manufactures de toiles et de lin. La Rigole serpente à flan de côteau au-dessus de l'Oust, en suivant les courbes de niveau, en suivant une pente très régulière de 0,027 millimètres par mètre. La Rigole remplira ainsi ses fonctions hydrauliques, en dépit de problèmes d'étanchéité permanents, pendant près de 153 ans. En 1991, une station de pompage, prélevant de l'eau sur le Blavet, a pris le relais du petit serpent d'eau buccolique, dont le débit était sujet trop faible et son entretien trop délicat (source : côtesd'armor.fr).
Elle est aujourd'hui réhabilitée en voie verte, mais comme on peut le constater, des véhicules non légers et peut-être à moteurs (quad ?) semblent l'emprunter en hiver. C'est ce que l'on constate sur la portion Le Quillio à Saint-Carradec qui est très dégradée.
3. Troisième étape : le chemin du petit train (V6)
Après avoir roulé pendant près de vingt kilomètres sur de la tôle ondulée, j'étais très heureuse d'arriver à la borne qui signale l'intersection entre la V6 et la V8.
En revanche, la mauvaise surprise était que la borne indiquait 63 km. Comme 63 km entre Saint-Carradec et Saint-Méen le Grand. Je ne sais pas pourquoi, mais dans ma tête, la borne devait indiquer 53 km. En fait, j'avais faux et aucune excuse à faire valoir, dans la mesure où lorsque j'habitais Loudéac, je faisais régulièrement l'entraînement Loudéac à Saint-Carradec, en aller retour, soit de la borne 53 à la borne 63. Honte à moi. Du coup, j'allais être en retard pour attraper mon train.
En fait, je ne pourrais même jamais être à l'heure. Je réalisais alors que j'avais calculer mon itinéraire de manière trop juste. Je ne pensais pas rouler aussi difficilement et surtout aussi lentement entre Bosméléac et Saint-Carradec et maintenant, je devais faire 10 km de supplément. Au mieux. Si je ne me trompais pas ensuite à Saint-Méen le Grand.
Heureusement, que le train réservé n'était pas le dernier TER qui passait.
A partir de là, j'ai roulé comme une malade, essayant de combler mon retard ; mais, c'était peine perdue. J'aurais du le réaliser avant, en prendre mon partie et profiter du parcours qui est très agréable. En revanche, une nouvelle fois, je conseillerais de le faire au mois d'Avril, lorsque les arbres et les champs de Colza sont en fleurs. C'est alors tout simplement magnifique. Petites vues prises sur le parcours, au printemps 2013 :
Franchement, avouez que c'est simplement magnifique. Personnellement, maintenant que je connais l'intégralité de ce parcours, je le referrais volontiers, à cette saison là. Juste pour le bonheur des yeux, des odeurs, des couleurs. 100% sensations.
Les 63 km de V6 entre Saint-Carradec et Saint-Méen le Grand, se déroulent comme un long fleuve tranquille. Cette voie verte est parfaitement bornée. Très bien entretenue. C'est juste que dans ce sens-là, c'est quasiment du faux plat montant tout du long. Il faut donc pédaler et pédaler dans une composition de revêtement sable/terre, ce n'est pas très productif. Encore plus si l'on est chargé de plusieurs kilos de bagages et par temps de pluie. Ce qui n'était pas mon cas.



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