J-57 : le samedi, week-end choc (1a)
1a ? Parce que, en théorie, il devrait y en avoir 3, des weeks-ends chocs : donc today, premier jour de mon premier W.E.C. qui débute par un trail de 32 km appelé "Landes & Bruyères Cap d'Erquy Cap Fréhel".
Je pars sereine, mais jusqu'à hier, je ne savais pas comment rallier le "village départ" ; la liaison Tibus Saint-Brieuc Fréhel arrivant à Erquy à peine 10' avant le départ des dernières navettes et surtout, s'arrêtant à plus de 1,5 km de ce point de rendez-vous ... Et enfin, dans l'après-midi, j'ai réussi à trouver, sur le site internet Blablacar, deux co-voiturages (Saint-Brieuc Lamballe et Lamballe Erquy) qui me permettent d'arriver avant midi.
Ce trail, c'est Jean-Luc, un coureur de Fougères qui m'en avait parlé pour la première fois en 2011. Je me rappelle très bien ces durs entraînements, de 2h30 et plus, avec ses potes, en forêt ; il l'avait alors bouclé en 2h57'54'' et avait récidivé deux ans plus tard en 2h53'07'' tellement il avait apprécié d'y participer ; je n'aurais jamais imaginé oser m'y inscrire un jour, tellement il m'apparaissait difficile et totalement hors de mon niveau de "p'tite coureuse kikourpavit" ...
Ce trail, c'est Jean-Luc, un coureur de Fougères qui m'en avait parlé pour la première fois en 2011. Je me rappelle très bien ces durs entraînements, de 2h30 et plus, avec ses potes, en forêt ; il l'avait alors bouclé en 2h57'54'' et avait récidivé deux ans plus tard en 2h53'07'' tellement il avait apprécié d'y participer ; je n'aurais jamais imaginé oser m'y inscrire un jour, tellement il m'apparaissait difficile et totalement hors de mon niveau de "p'tite coureuse kikourpavit" ...
Et me voilà, au "village départ", sur le petit port d'Erquy ; Erquy où il fait vraiment très beau (12-14 °C, soleil dans un grand ciel bleu) ; Erquy, 2 903 habitants recensés en 2011 et peut-être plus du triple aujourd'hui, car se déroulent aussi :
- 3 "marches-courses" à allure contrôlée, non chronométrées (6-8 ans, 8-12 ans et 12-99 ans),
- une course de 6 km "réservée" aux femmes D+ 96 m/D- 96 m (200 inscrites - 134 arrivantes),
- une course nature de 14 km D+286 m/D-286 m (1 000 inscrits - 879 arrivants),
- un trail de 32 km D+ 725 m/D- 761 m (1 000 inscrits - 894 arrivants),
- trois randonnées pédestres (en 2 circuits de 15 km ou un circuit de 10 km et de 6 km),
- des sorties en kayak de mer,
- et la Costarmoricaine le lendemain matin (3 cyclosportives de 60, 80 ou 100 km).
Je retire mon dossard et mon T.S. technique à l'effigie de la course, attrape quelques prospectus sur des trails à venir, gagne les vestiaires de l'école de voile où je me change tranquillement et file emprunter l'une des premières navettes partant pour le joli bourg de Plénevon. Sur place, il y a déjà énormément de coureurs allongés dans l'herbe ou qui stationnent autour du buffet et prennent une dernière collation. Comme nous ne sommes que 25% de féminines, il y a très peu d'attente aux toilettes : chouette.
Je me rends compte que, malgré la relative fraîcheur du vent qui souffle de secteur Nord-Est (à 30-35 km/h), on risque d'avoir chaud ; je décide alors de prendre ma casquette avant de laisser mon sac dans la navette qui rapatriera nos bagages à l'arrivée et débute un échauffement très très cool (14' et 2 063 m à 134 bpm de moyenne ou 70% de FCMax), puis me place dans la foule du peloton. J'entends les concurrents échanger sur leurs stratégies respectives qui sont toutes les mêmes et extrêmement simples : partir à "fond les ballons" afin d'arriver dans les premiers sur les premiers "goulots d'étrangement". Je me fais la réflexion que s'ils y arrivent tous dans les premiers, alors les fameux goulots seront vite étranglés par le flot des coureurs ...
Mais quand le coup de sifflet du départ est donné, tout le monde part effectivement à "fond les ballons". Je suis sciée, on se croirait sur le départ d'une course de 10 km et non sur un trail qui en fait le triple ... Je me sens littéralement aspirée par le peloton et suis bien obligée de suivre à une allure beaucoup trop rapide pour moi et qui frise la déraison (1er au 3ème kilomètre en 10,5 10,9 et 10,7) et puis, d'un coup : STOP. Premier bouchon. Obligée d'attendre. C'était bien la peine de se dépêcher, d'autant qu'une fois franchies les quelques marches à l'origine de l'embouteillage, je ne vois pas trop où se situait la difficulté ...
Ce petit resserrement, assez insignifiant, aura au moins le mérite de fluidifier la circulation des coureurs et, du 4ème au 12ème kilomètre, c'est nettement plus agréable : nous sommes sur le sentier des douaniers, le fameux GR34 qui fait le tour du CAP Fréhel. La vue est époustouflante et le paysage absolument magnifique mais j'en profite bien peu car déjà les premières chutes arrivent sur ce terrain piégé et jonché de caillasse, les premières blessures et l'arrêt définitif pour certains. Cela me refroidit et je ne quitte plus mes pieds des yeux ; mais quel dommage, car il y a tant à voir.
Nouveau resserrement après le 12ème : des marches à monter puis à descendre et ... une première plage à traverser. Il est 15h15' et c'est bientôt la marée basse, le sable n'est pas encore totalement sec mais on s'enfonce quand même pas mal. Nouveaux escaliers à remonter, passage à la Pointe aux Chèvres, un peu de bitume, un peu de GR, un peu de bitume, des applaudissements, beaucoup de spectateurs, des mains d'enfants qui se tendent et dans lesquelles je claque avec joie, un petit passage tout à fait bienvenu dans un joli bois après Pléhérel-Plage-Vieux-Bourg ... Je viens de passer la mi-course en 1h42' et le plus facile est derrière moi.
Mais le plus dur reste à venir ...
- 3 "marches-courses" à allure contrôlée, non chronométrées (6-8 ans, 8-12 ans et 12-99 ans),
- une course de 6 km "réservée" aux femmes D+ 96 m/D- 96 m (200 inscrites - 134 arrivantes),
- une course nature de 14 km D+286 m/D-286 m (1 000 inscrits - 879 arrivants),
- un trail de 32 km D+ 725 m/D- 761 m (1 000 inscrits - 894 arrivants),
- trois randonnées pédestres (en 2 circuits de 15 km ou un circuit de 10 km et de 6 km),
- des sorties en kayak de mer,
- et la Costarmoricaine le lendemain matin (3 cyclosportives de 60, 80 ou 100 km).
Je retire mon dossard et mon T.S. technique à l'effigie de la course, attrape quelques prospectus sur des trails à venir, gagne les vestiaires de l'école de voile où je me change tranquillement et file emprunter l'une des premières navettes partant pour le joli bourg de Plénevon. Sur place, il y a déjà énormément de coureurs allongés dans l'herbe ou qui stationnent autour du buffet et prennent une dernière collation. Comme nous ne sommes que 25% de féminines, il y a très peu d'attente aux toilettes : chouette.
Je me rends compte que, malgré la relative fraîcheur du vent qui souffle de secteur Nord-Est (à 30-35 km/h), on risque d'avoir chaud ; je décide alors de prendre ma casquette avant de laisser mon sac dans la navette qui rapatriera nos bagages à l'arrivée et débute un échauffement très très cool (14' et 2 063 m à 134 bpm de moyenne ou 70% de FCMax), puis me place dans la foule du peloton. J'entends les concurrents échanger sur leurs stratégies respectives qui sont toutes les mêmes et extrêmement simples : partir à "fond les ballons" afin d'arriver dans les premiers sur les premiers "goulots d'étrangement". Je me fais la réflexion que s'ils y arrivent tous dans les premiers, alors les fameux goulots seront vite étranglés par le flot des coureurs ...
Mais quand le coup de sifflet du départ est donné, tout le monde part effectivement à "fond les ballons". Je suis sciée, on se croirait sur le départ d'une course de 10 km et non sur un trail qui en fait le triple ... Je me sens littéralement aspirée par le peloton et suis bien obligée de suivre à une allure beaucoup trop rapide pour moi et qui frise la déraison (1er au 3ème kilomètre en 10,5 10,9 et 10,7) et puis, d'un coup : STOP. Premier bouchon. Obligée d'attendre. C'était bien la peine de se dépêcher, d'autant qu'une fois franchies les quelques marches à l'origine de l'embouteillage, je ne vois pas trop où se situait la difficulté ...
Ce petit resserrement, assez insignifiant, aura au moins le mérite de fluidifier la circulation des coureurs et, du 4ème au 12ème kilomètre, c'est nettement plus agréable : nous sommes sur le sentier des douaniers, le fameux GR34 qui fait le tour du CAP Fréhel. La vue est époustouflante et le paysage absolument magnifique mais j'en profite bien peu car déjà les premières chutes arrivent sur ce terrain piégé et jonché de caillasse, les premières blessures et l'arrêt définitif pour certains. Cela me refroidit et je ne quitte plus mes pieds des yeux ; mais quel dommage, car il y a tant à voir.
Nouveau resserrement après le 12ème : des marches à monter puis à descendre et ... une première plage à traverser. Il est 15h15' et c'est bientôt la marée basse, le sable n'est pas encore totalement sec mais on s'enfonce quand même pas mal. Nouveaux escaliers à remonter, passage à la Pointe aux Chèvres, un peu de bitume, un peu de GR, un peu de bitume, des applaudissements, beaucoup de spectateurs, des mains d'enfants qui se tendent et dans lesquelles je claque avec joie, un petit passage tout à fait bienvenu dans un joli bois après Pléhérel-Plage-Vieux-Bourg ... Je viens de passer la mi-course en 1h42' et le plus facile est derrière moi.
Mais le plus dur reste à venir ...
Une succession ininterrompue de montées descentes montées descentes ... Il fait beau et chaud mais il y a de nombreux ravitaillements tout au long du parcours, avec de l'eau, des abricots secs et des bananes, mais malheureusement aucune part de quatre-quart et pas de coca-cola alors que j'en rêve. Je commence à avoir faim et à ressentir pas mal de fatigue dans les jambes. Ces changements de rythmes incessants, ces passages dans du sable mou, ces sauts de cabris acrobatiques à faire au-dessus des cailloux m'ont mis à mal. Je marche de plus en plus et, après le 24ème, le chrono s'en ressent ; d'autant que là, un panneau nous annonce qu'ils nous restent encore 10 kilomètres à courir : et oui, c'est la surprise de l'année, Landes & Bruyères 2014 fera en réalité presque 34 km vu que nous n'avons pas coupé en ligne droite après les Sables-d'Or-les-pins.
Du 26ème au 32ème kilomètres, c'est vraiment laborieux : l'arrivée est toute proche et le port à moins de 500 m à vol d'oiseaux, mais nous contournons le CAP d'Erquy dans une suite sans fin de routes qui montent, d'escaliers bien raides et de plages de sable très meuble dans lequel je n'essaie même plus de courir ... Les FC chutent juqu'à 138 bpm (72% de FCMax), la vitesse moyenne aussi (6 km/h) ; je me fais pas mal doubler, par des filles notamment et je double aussi quelques coureurs encore plus mal en point que moi. Il n'y a pas à dire : à Erquy, c'est à la 2ème mi-temps que le match se gagne ou se perd.
Enfin, plus que 2 km, un petit sursaut d'énergie et franchissement de l'arche en 3h51'55'' pour 33 698 m à mon Garmin (FC moyenne : 159 bpm ou 83% de FCMax, vitesse moyenne : 8,9 km/h ou 69% de VMA). Je suis cuite, lessivée et j'ai mal partout. Ce petit supplément de course, annoncé dés le 24ème, m'a complètement démoralisé : c'est idiot et je le sais bien, qu'en trail, le kilométrage est parfois des plus anectodiques/fantaisistes/alléatoires/accessoires (rayer les mentions inutiles) ; c'était un peu pareil l'an passé sur les 56 km du Golfe du Morbihan qui en faisait en réalité plus de 57 km. "Quand on aime on ne compte pas", "plus c'est long plus c'est bon", blablabla ...
Je me classe 687ème sur 894. Combien de blessés ? Combien d'abandons ? 78ème féminine sur 167 et 16ème V2F sur 43. La 1ère féminine (SEF) en 2h42'49'' (Sylvie Hascoët, vainqueure du North Face Grand Ménestrail 2013), la 1ère V2F en 3h05'32''. "The job is done" puisque j'avais dit 32 km en moins de 4h00 mais j'ai une franche impression de "travail bâclé", de fin de course qui me laisse sur ma faim : je me fais donc la promesse de refaire ce magnifique trail l'an prochain et de mieux profiter/gérer/exploiter la 2ème partie de son parcours, plus difficile.
Et pour le retour sur Saint-Brieuc, n'ayant toujours pas trouvé de co-voiturage, je demande carrément au speaker de passer une annonce à laquelle répond tout de suite la présidente du club de Trégueux Athlétisme ... La même personne avec laquelle j'avais méchamment échangé, par mail, à la suite de mon oubli de classement sur le 10 km de "courons dans le bois de Plédran", en février dernier. Mondieumondieumondieu, dire que j'étais plus que confuse et même plus encore : je me suis platement excusée. Ma réaction, je le reconnais maintenant, était inappropriée et mon comportement, une anti-thèse du "fair-play sportif".
Finalement, je suis ravie de ce dénouement imprévu et maintenant dodo : la suite de mon 1er W.E.C. m'attend demain matin ...


Très très joli CR et très très belle course dans tous les sens du terme.
RépondreSupprimerJ'en ai rêvé, j'en rêve mais ça s'arrêtera peut être là.
Bises
J'en ai rêvé, j'en rêve et j'espère bien le concrétiser... Et sûr que tous les détails que tu donnes dans ce CR serviront ;) On le fera peut-être le même jour Mimie ? Bravo Valdès, un grand bravo vraiment ; super CR mais surtout super course. Dommage que tu n'aies pas pu profiter des décors...Mais valait mieux être prudente. Pour une première, elle est réussie. Et plutôt chouette que tu aies "croisé" la route de la présidente de Trégueux Athlétisme comme cela plus de lézard entre vous ;)
RépondreSupprimerMerci @Mimie et @Yacapa de votre gentil passage et commentaires. Rendez-vous en 2015 ? Pour moi, c'est OUI oh OUI OUI OUI. Ce trail est magnifique. Allez les filles, laissez-vous tenter par la beauté sauvage des Landes & Bruyères de Cap Fréhel à Cap Erquy ... Bisous
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