Dimanche 02 mars 2014

J-118 : le dimanche, c'est moche (à part George)

Un article de Télérama, titrait en février 2010, comment la France était devenue moche : entre échangeurs, lotissements, zones commerciales, alignements de ronds-points, ... Autant d'infrastructures qui dévorent la moindre petite parcelle de verdure et le résultat d'une idéologie politique aussi aberrante qu'irresponsable. L'exemple le plus atterrant étant la loi Pasqua de 1998 qui stipule, au prétexte d'égalité des chances de tous sur l'ensemble du territoire, que "chaque citoyen doit se trouver à moins de 45' d'une entrée et d'une sortie d'autoroute" ... De qui se moque-t-on ? La loi est toujours en vigueur et depuis, l'on a cessé de construire des itinéraires de contournements des villes, des échangeurs, des bretelles d'accès, des rocades, des ronds-points à l'anglaise sur-dimensionnés ...

Je vous recommande la lecture de l'excellent ouvrage de David Mangin "La ville franchisée, formes et structures de la ville contemporaine", aux éditions de La Villette (ed. 2004 480 p. 35 €).



Le passant, l'Homme, n'a plus de place "pour passer" dans ces étalements uniformes de tôle, de béton et de bitume (photo 2, c'est bien une ville vue du ciel et non un circuit informatique), totalement dédiés à la globalisation marchande (photo 1) ... Exactement comme moi, ce matin, lors de ma SL.

J'ai suivi l'itinéraire que j'avais trouvé il y a quelques semaines et qui mène à une agréable et malheureusement trop courte voie verte, dans la vallée du Goélo, à Ploufragan. Je pensais ensuite prendre des petites routes de campagne, longeant des "Allées couvertes" et rejoindre ensuite le petit bourg du Créac'h, au sud de Trégueux, mais je n'ai pas pu : la nouvelle rocade a arrêté net mon élan en m'opposant un obstacle infranchissable et une limite à ma mobilité à deux pieds (photo 3) ...


Après, j'ai clairement "divagué" (photo 4), me retrouvant à longer une hideuse départementale, pourvue d'une signalisation essentiellement routière et alors même que je ne souhaitais pas trop courir sur le bitume des trottoirs ... Et lorsque enfin, j'ai retrouvé le chemin prévu et les petites routes de "campagne", j'ai pu constater que cette campagne-là n'avait plus rien de champêtre, son paysage totalement défiguré par des lignes à très hautes tensions, des ponts, des échangeurs et des ronds-points, toujours des ronds-points ...

J'en profite pour préciser au(x) lecteur(s) automobiliste(s) de passage que la route n'est pas le domaine exclusif des véhicules à moteurs : c'est un espace partagé entre piétons, cyclistes, voitures, camions et autres véhicules et chacun doit pouvoir l'utiliser en toute sécurité. Il incombe donc "au conducteur d'adopter un comportement prudent et respectueux envers les autres usagers des voies ouvertes à la circulation et il doit notamment faire preuve d'une prudence accrue à l'égard des plus vulnérables" (art. 412-6 du 08 juillet 2008 Code de la route). Quant au(x) piéton(s) isolé(s), en l'absence de trottoirs ou d'accotements praticables, il lui faut circuler sur le bord gauche de la chaussée, de sorte à voir arriver les voitures de face. Le groupe organisé (de piétons ou de cyclistes), quant à lui, est un cas à part puisque considéré comme un véhicule (circulation à deux de front et sur la droite) ...


J'ai vraiment hâte que le temps se mette au beau et au sec afin de pouvoir emprunter les petits chemins creux et ne plus avoir à me soucier de la circulation des voitures ou des chiens, plus ou moins belliqueux, dans ces fameux lotissements pavillons-garages-jardins-clôturés-avec-barrières-toujours-ouvertes (tellement plus pratique pour rentrer-sortir-rentrer-sortir ... la voiture).


Pour conclure, je devais faire 21-23 km dont 2 x 5 000 m à AS42 et n'ai fait que 17 424 m (FC moyenne 144 bpm ou 75% de FCMax et vitesse moyenne de 9,4 km/h ou 72% de VMA) en 1h55' (dont 5'53'' de pauses cumulées), léger D+ de 151 m (photo 5) ; car très vite, j'ai eu mal au genou gauche et à la fesse droite à ne courir quasi exclusivement que sur du bitume ; j'en ai eu plus que marre de rencontrer autant d'entraves à ma "libre circulation" et de devoir sans cesse trouver des solutions de repli sur ma carte IGN au 1/25ème désormais obsolète ; et j'étais bien énervée-fatiguée d'être en "vigilance orange" un dimanche matin (gare aux voitures, aux chiens, à la signalisation, ...). Température 9 °C, ressentie à 5 °C, ciel bleu puis moche puis crachin puis gris et vent soufflant assez fort, de secteur Sud Sud-Ouest, à 45-60 km/h.

Heureusement ensuite, il y avait George et Matt et Jean et John et Bill (photo 6) ...


Bilan tout en demi-teinte de cette semaine 5, satisfaisante le lundi-mercredi, décevante le samedi-dimanche : 4 500 m de natation en 2h40 sur 2 séances + 20 km de rando + 0 km de vélo + 59 286 m de CAP en 6h20' sur 4 séances ...

1 commentaire:

  1. Décidément, peu de chances dans les circuits "routiers" "urbains" du moment...l'impression que c'est un peu plus facile de trouver de bons circuits proche de la ville par ici -except les pistes cyclables réalisées n'importe comment... Vais tâcher de lire ce livre. Lu un autre très différent mais bien roboratif dernièrement "Marche avant" d'Alexandre Poussin...ou le plaisir de se retrouver, de renaître, se reconnecter au vivant" par la marche. Quand on court en pleine nature, j'y retrouve un même plaisir ! Et effectivement moins de douleur que sur le bitume. Tiens l'image de Bill m'a fait penser à "The grand hôtel Budapest" de Wes Anderson, mon plaisir ciné de la semaine dernière ;)T'espère une prochaine sortie bien meilleure ! Bises

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