J+68 : le dimanche, grand soleil
Sortie vélo pour débuter la journée et après avoir quelque peu tergiversé entre le vélo ou la rando (je voulais retourner crapahuter sur les falaises de Plouha) ; mais le ciel est légèrement voilé et les températures bien fraîches (<4 °C à 9h00), alors ce sera vélo. Ce n'est pas la super grande forme et j'aurais de loin préféré rouler en groupe, mais cela fait plusieurs dimanche matin, où je me rends sur le lieu de rassemblement du club, pour me rendre compte qu'il n'y a personne de mon niveau pour rouler avec moi (soit pour une sortie de 60-80 km à <25 km/h) ... Aussi, je m'évite désormais ce détour inutile et je pars seule lorsque je suis prête.
Mais ça me gonfle énormément de devoir toujours tout faire toute seule et de n'avoir quasiment rien à partager avec les membres de Saint-Brieuc Triathlon ...
Mais ça me gonfle énormément de devoir toujours tout faire toute seule et de n'avoir quasiment rien à partager avec les membres de Saint-Brieuc Triathlon ...
Sur la rocade D712 qui mène à Ploufragan, je croise deux gros pelotons aux couleurs du même club : probablement ceux de l'ACB ... L'an passé, je m'étais renseignée sur les modalités à satisfaire avant de les rejoindre (50 roros l'adhésion pour deux ans), mais je n'étais pas assez à l'aise avec les pédales automatiques et j'avais préféré attendre ; maintenant, ça va nettement mieux et je pense qu'il serait peut-être temps d'envisager une sortie-test avec cette association.
Rouler en groupe est sécurisant, car les automobilistes sont forcément obligés de ralentir et de respecter la distance réglementaire de sécurité de 1m50 au dépassement d'un peloton ; alors que c'est rarement le cas lorsqu'un conducteur double un cycliste isolé ... Rouler en groupe est agréable, car en plus de la sécurité sur la route, on n'a guère à se soucier du parcours à emprunter : ce sont les meneurs, désignés pour la sortie, qui tracent la direction devant et derrière, ben on n'a plus qu'à suivre et ... Rouler. Rouler en groupe avec des cyclistes d'un âge certain est aussi le gage de rouler sans accident ; ce qui n'est pas le cas avec certains "fangios" triathlètes qui ont un compteur à kilomètre/heure en lieu et place de cerveau ... Enfin, rouler en groupe, en cas de soucis techniques (crevaison, dégradation subites des conditions météorologiques, ...), c'est aussi l'assurance de ne pas rester seule sur le bord de la route.
4 bonnes raisons qui vont me faire ré-examiner sérieusement la question.
2h54'' et 64,20 km, D+ 655, vitesse moyenne (non significative car nombreux ralentissement lors des traversées de bourgs) à 22,1 km/h (max à 42,2 km/h) ; fréquence cardiaque moyenne à 124 bpm ou 64% de FCMax (max à 161 bpm ou 84% de FCMax) ; cadence de pédalage moyenne à 81 tours par minute (max à 195).
J'avoue m'être, une nouvelle fois, copieusement égarée lors de la traversée de Saint-Donan, où les panneaux indicateurs routiers sont des plus chiches ... Seule la D45 est bien indiquée : soit direction Ploufragan/la Meaugon (d'où je venais) ; soit direction Cohiniac. La prochaine fois, prendre par Cohiniac ; car il est hors de question de repasser rue de l'hôtel d'en haut (un peu avant le 30ème kilomètre), devant l'élevage avicole EARL Ar Viou Mad où un énorme molosse noir très agressif et non attaché, m'a causé une immense frayeur en me coursant pendant au moins 100 à 200 m. Apparemment, j'ai bien réagi en "l'ignorant" et en continuant ma route, mais qu'aurais-je fait s'il m'avait mordu, moi ou mon pneu arrière ? Ou si j'étais tombée ? C'est là où mon coeur a atteint les 161 bpm et j'ai eu bien du mal à enchaîner avec la bosse qui suivait juste après ...
En revanche, la petite route communale qui relie le lieu-dit "la Braguette", à Saint-Donan, en passant par Plouvara, est des plus agréables ; de même que la D22, entre le Foeil et Plaintel, avec sa jolie côte à lacets, juste avant les Tinières qui lui donnerait presque des faux airs de montagne.
Partie dans la fraîcheur et la grisaille, je suis revenue avec le soleil, le ciel bleu et une température franchement printanière (12-14 °C vers 12h00). C'était bien agréable et j'aurais souhaité pouvoir partager ce moment ... Je rajoute d'ailleurs à la pensée d'hier ("on ne construit rien sans entrain"), que sans partage non plus ; mais attention, je ne parle pas ici du "partage selon Facebook", où chacun se photographie trente six mille fois et de la manière la plus avantageuse possible, afin de publier le tout sur 3 ou 4 fils différents ... Non, le vrai partage : s'adonner à un plaisir convivial et sportif, ensemble. Echanger et entretenir des relations pendant ce temps du partage de l'activité.
Ensuite, je suis allée courir 1h03' et 9,89 km. Toujours avec cette impression de fatigue et de jambes de bois, même si le cardio est resté correct (142 bpm en moyenne ou 74% de FCMax). La faute au beau temps qui disparaîtra peut-être demain, aux chants des oiseaux, aux petites fleurs et aux bourgeons qui commencent à apparaître dans les arbres ... J'aime bien ces sorties dominicales, au moment où les gens s'apprêtent à déjeuner : en général, j'y suis seule et tranquille avec mes propres pensées ; lesquelles tournaient autour des propos du Docteur N'Gassa, de jeudi dernier. A quoi rime cette mode du sport en compétitions format XXL, pour nous, les sportifs amateurs, moyennement doués, moyennement jeunes ? Pourquoi s'infliger de telles souffrances, corporelles et psychiques ? Certains me répondront que c'est "pour aller au bout de soi-même" et certes, certes, je le conçois aisément ; mais n'y-a-t-il pas d'autres moyens pour se trouver soi-même ? Pour se réaliser sans toucher à son intégrité, autant physique que mentale ? Avons-nous tous cette "bonne" raison au fond de nous avant de nous inscrire sur ce types d'épreuves ? Ou n'est pas pour certains "pour faire comme tout le monde" ? L'effet "mouton de Panurge" en quelque sorte ... Notez que je m'inclue moi-même dans le troupeau des moutons.
Je commence sérieusement à penser que, si je ne me suis pas inscrite, dés le début janvier 2015, au Grand Raid du Golfe du Morbihan, ce n'est pas tant à cause du prix élevé du dossard et de mes doutes sur mes capacités à préparer et réaliser une telle épreuve : non, c'est peut-être aussi parce que je n'en ai pas vraiment envie ... Que je ne sais pas si j'y trouverais ce que je crois pouvoir y chercher. Compliqué, n'est-ce pas ? Mais si je doute, c'est donc que je suis : "what else ?"

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