Après un bon sommeil réparateur (où j'ai rêvé que je nageais le papillon aussi bien que Camille Muffat !), je me régale avec un gros pot de riz au lait pendant que le speaker réveille la jolie ville de Vannes ; incroyables d'ailleurs les deux personnes qui vont animer cette 9ème édition de l'Ultra Marin pendant quasiment 48h00 non stop ... Je me prépare doucement, fenêtres ouvertes, sans perdre une miette des festivités du week-end, liquide un paquet entier de Figolu, hésite à emporter le 2ème, décide que non finalement "Sam'suffit" et descend juste à temps pour attraper l'une des navettes qui nous conduisent du Port de Vannes à celui du Bono.
Echanges conviviaux entre les coureurs dans le bus : "ah, vous l'avez déjà fait ? Une fois ?Deux fois ? Trois fois ! Et alors ? ..." Informations importantes : 1. c'est magnifique ; 2. ce n'est pas si facile et 3. les ravitos sont excellents (j'imprime bien le numéro 3 ...).
On arrive. Trois wawas de chantiers trônent sur la place de l'église et déjà une jolie queue qui commence à se former ; ne souhaitant pas renouveler l'expérience parisienne, je m'éloigne et tombe sur un mariage, puis sur un terrain de foot (sans joueur) et, oh miracle, une petite haie bien abritée des regards et du vent ...
Il est tôt. Trop tôt. Encore une bonne heure et demi "à tuer" ; de surcroît, le soleil somnole derrière les nuages, alors qu'il souffle un petit vent bien frais et que je n'ai ni coupe-vent, ni sac poubelle, ni même le fameux 2ème paquet de Figolu pour remplir mon estomac qui se fait à nouveau entendre ...
A 13h00, un premier coureur me rejoint, puis un second. Ils posent leurs affaires et débutent un échauffement de 20' suivi d'une séance de PPG, également de 20' et des plus méthodiques : montées de genoux, foulées bondissantes, talons fesses, jambes tendues devant .... Je les regarde ébahie, affalée sur la pelouse, tout en entamant une grande partie de mon ravito ... Peut-être de la graine de champion, sinon des fous. J'apprends que le @Riri a bouclé le Cross du Mont-Blanc en moins de 3h04' et dans le froid ... Chapeau bas @P'tit vélo !
A 13h45', j'abandonne la position, après un énième détour derrière "ma" haie et retrouve la ligne de départ à la suite des deux gars vraiment très "chauds" à présent ... Le "lâché de coureurs" est imminent : la musique est à fond, le speaker tout autant. Il y a du "beau monde" cette année car le parcours fait partie du Trail Tour National 2013 (label FFA) et du 2ème Championnat de Bretagne de Trail Longue Distance ; petite présentation des anciens winners et des nouveaux challengers : l'an passé, le premier - qui ne ressemble à aucun des deux athlètes qui s'échauffaient tout à l'heure - a terminé en 3h56'05'' , la première féminine en 4h24'35'' ...
Misère. Misère. Misère ! Je me dis : "mais qu'est-ce que je fais là ? Qu'est-ce qui m'a pris de m'inscrire à cette course de 56 km ? 57 km ? Quoi ? 58 km !" ... Grand moment de solitude qui ne dure que le temps d'une nano seconde car "Paf", c'est déjà parti !
Ca commence par ... 1'30'' de CAP suivi de 10' de petite ballade à travers les rues du Bono. "Ah ben c'est ça un trail long ?" Je me dis alors que "top là, la @Valdes, la reine de la rando, à cette allure là, les 56 km ou 57 km voire même 58 km ... c'est du tout cuit !". En fait nan, quand même pas, c'est juste un petit bonus de 2 km histoire de dérouler le peloton qui reste quand même bien groupé, d'autant que je suis plutôt dans le fond ; mais c'est très sympathique et populaire : les spectateurs nous encouragent, je tape dans les mains des enfants, je rigole, mon stress disparaît. Je double certains marcheurs avec ou sans bâton qui se sont manifestement placés au premier rang, une jolie traileuse qui porte le même déguisement qu'@Eric de CAF à la SaintéLyon, y compris les guêtres, mais le masque de Ninja en moins ... Je constate qu'il a un peu plus de filles sur cette course que sur l'Ultra ou le Grand Raid (24% ou 245 - dont 2 ESF + 62 SEF + 107 V1F + 60 V2F + 12 V3F + 2 V4F - sur 1,042 à l'arrivée et 1,200 inscrits).
Très vite, nous arrivons sur le sentier des douaniers - le fameux GR34 - et ma crainte des dépassements avec 1,200 concurrents s'estompe. Les choses se passent beaucoup mieux que sur une course plus courte, voire sur un marathon : si j'entends un coureur derrière moi, je lui demande s'il souhaite me doubler et m'écarte pour le laisser passer et si je souhaite doubler, je le signale à la personne devant moi qui me laisse faire. Pas de prise de tête. Pas de bousculade. Pas de chute (m'enfin pas encore).
C'est beau ! Le paysage est magnifique et je commence à le savourer. Boursul, Mané Verh au bord de la rivière l'Auray ; au 5ème km : le Berl, Bleuvès, la Baie de Kerdréan et juste en face, sur l'autre rive ...
... entre les 7ème et 10ème kms, les coureurs de l'Utra ! On les hèle, on les interpelle, on leur fait de grands coucous, on lance moult "Bravos". C'est très convivial. On les double rapidement à partir de Pointe Noire, le Port de Parun et sur la partie du bitûme qui nous mène au premier ravito au Dreven, peu avant le 12ème km. Ravito eau uniquement. J'ai la flemme de décrocher ma timbale accrochée par un double noeud bien serré au dos de mon sac ... Je termine le fond d'une bouteille de coca au deux tiers vide et une bouteille d'eau déjà bien entamée et je repars. Il commence à faire chaud ... Très chaud même. Très très chaud. Plus de 20°C. Ressenti à 24-26°C. Le vent a disparu avec la marée qui redescend ...
Sur la route, entre Mériadec et le Moulin de Baden, au 14ème km, je double un coureur qui me flatte gentiment sur la légèreté de ma foulée ; vu qu'il porte un dossard à trois chiffres, celui des Ultras, je me doute bien que c'est parce qu'il n'a plus les yeux en face des trous : "pô" grave, je lui dit "merci môssieur, z'êtes très aimable, bonne chance à vous et franchement bravo !"
Sur la route, entre Mériadec et le Moulin de Baden, au 14ème km, je double un coureur qui me flatte gentiment sur la légèreté de ma foulée ; vu qu'il porte un dossard à trois chiffres, celui des Ultras, je me doute bien que c'est parce qu'il n'a plus les yeux en face des trous : "pô" grave, je lui dit "merci môssieur, z'êtes très aimable, bonne chance à vous et franchement bravo !"
Retour sur le GR34, l'Anse de Baden, ... 15ème km : "Qu'est-ce que c'est beau !" Tellement beau d'ailleurs que je ne regarde plus où je mets les pieds. Je me tords la cheville droite. "Oups ! ça va, y'a pas de mal ?" "Nan nan vous z'inquiètez pas, les chevilles de la @Valdes, c'est du caoutchouc (et vive la natation) !" Ma tête me signale quand même que c'est un 1er avertissement ...
La Pointe et l'Anse de Locmiquel ... 17ème km : "Qu'est-ce que c'est beau !" Tellement beau d'ailleurs que je ne regarde plus où je mets les pieds. Je trébuche une 1ère fois (2ème avertissement) et pour finir et sans savoir comment, je me retrouve par terre, à quatre pattes ... "Ouille ! ça va, y'a pas de mal ?" "Nan nan vous z'inquiètez pas, la @Valdes, la reine de la rando, hein !" ... N'empêche, lorsque je me relève, j'ai très mal à mon 2ème petit orteil du pied droit ; à tel point que je commence même à croire qu'il est cassé. Damned ! Quelle idiote. Je me calme tout de suite : jusqu'à présent, j'ai couru mais là, c'est simplement stupide, c'est du sentier côtier jonché de racines et de cailloux, j'ai faim, je suis fatiguée, je commence à avoir le mollet gauche contracté et, comme le dit Cécilia, ma super MNS brésilienne au club de natation : "y'a pas de presse" ! Je suis au 18ème km, il en reste encore 38 ou 40, presqu'un marathon, alors ...
La Pointe et l'Anse de Locmiquel ... 17ème km : "Qu'est-ce que c'est beau !" Tellement beau d'ailleurs que je ne regarde plus où je mets les pieds. Je trébuche une 1ère fois (2ème avertissement) et pour finir et sans savoir comment, je me retrouve par terre, à quatre pattes ... "Ouille ! ça va, y'a pas de mal ?" "Nan nan vous z'inquiètez pas, la @Valdes, la reine de la rando, hein !" ... N'empêche, lorsque je me relève, j'ai très mal à mon 2ème petit orteil du pied droit ; à tel point que je commence même à croire qu'il est cassé. Damned ! Quelle idiote. Je me calme tout de suite : jusqu'à présent, j'ai couru mais là, c'est simplement stupide, c'est du sentier côtier jonché de racines et de cailloux, j'ai faim, je suis fatiguée, je commence à avoir le mollet gauche contracté et, comme le dit Cécilia, ma super MNS brésilienne au club de natation : "y'a pas de presse" ! Je suis au 18ème km, il en reste encore 38 ou 40, presqu'un marathon, alors ...
... je commence enfin à marcher. Dés lors, je vais beaucoup marcher. Enormément. En fait, j'ai même l'impression d'avoir passé plus de la moitié du temps de la course à marcher. Je marche quand le terrain est piégeux, je marche quand ça monte un peu, je marche sur les digues au revêtement disjoint et trop dur, je marche dans le sable mou ... Sauf que quand je marche, non seulement je récupère, mais en plus je double des coureurs. Enormément ... Je me dis que j'ai peut-être enfin percé le secret des traileurs : jouer l'économie, réserver ses forces pour plus tard.
Je randonne depuis mon plus jeune âge. J'ai toujours marché et aimé marcher. J'ai testé la marche nordique et j'ai adoré. J'ai testé la marche athlétique et j'ai adoré. J'ai fait des randos de 35 km en moins de 8h00, pauses incluses et j'ai adoré ... Alors je marche vite. Très vite même : 6,5 à 7 km/h, ... alors forcément, ça aide.
La Pointe du Berchis, Port Lagaden, ... 20ème km : "Qu'est-ce que c'est beau !" et "Qu'est-ce qu'il fait chaud !" et "Qu'est-ce que j'ai faim !" Je m'attendais à un ravitaillement à Larmor Baden, annoncé au 18ème kilomètre, mais en fait au 21ème : toujours rien. Cela fait 3 km que j'ai décroché mon écuelle de mon sac et que je me ballade avec à la main, comme une soiffarde ... J'interroge les promeneurs, les spectateurs : "Mais où il est le ravito ?" Et toujours la même réponse : "Là là, bientôt, juste après la courbe" ... Sauf que sur cette côte, des courbes, il y en a beaucoup ...
Enfin, le v'là. Cela valait la peine d'attendre car il y a plein de choses délicieuses mises à disposition sur les tables ... Je bois un verre d'eau, un autre de coca et je repars avec mon gobelet rempli d'eau gazeuse et 4 gros morceaux de quatre quart pur beurre dont je me régale en marchant tranquillement, loin du flot des coureurs qui se bouscule ... J'avais fractionné ma course en 3 étapes bornées par les ravitos. Je viens d'en boucler une et je suis bien contente. M'en reste quand même deux et l'équivalent de 34 ou 36 km à faire ...
Un petit peu de route, on passe le long du Marais de Pen en Toul qui était une ancienne saline, le Diben, la Saline, Trévas, Bocoan, ... A nouveau un peu de route entre le 24ème et le 26ème km, le long de l'Anse de Kerdelan. A ce moment là, je me retrouve, bien malgré moi, enrôlée dans un groupe de 10-20 coureurs portant tous le maillot du même club et qui tentent de courir groupés alors qu'ils ont manifestement des niveaux très différents. Les premiers qui font la navette en houspillant les derniers, les derniers franchement à la peine en rouspétant après les premiers. Et bien et bien et bien ... Les pôv. J'en profite pour faire une petite pause pipi et me rends compte trop tard qu'il y avait à côté une tente minuscule avec des campeurs à l'intérieur ... Tant pis. Je repars très en forme : ce petit ravito m'a vraiment donné la patate.
Juste après j'entends un bruit d'objets qui chutent derrière moi : "Euh, z'avez perdu la moitié de vot'chargement ?" Ah ben voui, je n'ai pas voulu investir dans un vrai sac à dos de course avant de savoir si le trail long et moi, ça collerait ensemble ; aussi, comme mon sac de rando Kalenji avec sa poche à eau de 2 litres gigotait trop dans mon dos et que le Camelbag Mizuno du vélo a une plus petite poche, j'ai bricolé un truc : le sac Mizuno et la poche de 2 litres du Kalenji et comme évidemment, après, j'avais du mal à faire rentrer tout le matériel obligatoire dedans, ben je l'ai accroché à l'extérieur !
Manifestement pas très bien ... Je m'arrête. Je ramasse mon gobelet, la carte/plan de route de l'organisation (pourquoi l'ai-je emporté d'ailleurs ?), le gros sac de bonbons au caramel (pourquoi les ai-je emporté d'ailleurs ?), ... et fourre le tout, pèle-mêle, à l'intérieur du Mizuno un peu moins rempli désormais qu'une grande partie de l'eau de la poche est passée dans mon estomac ...
Retour sur le sentier des douaniers. Port Blanc, l'Anse de Moustran, Mané Moustran, un petit bois (le Bois Bas) qui nous apporte un peu d'ombre et d'agréable fraîcheur, le Moulin du Pont, le Moulin Neuf, le Moulin de Pomper, Mané Habus, ... du 28ème au 34ème : "Qu'est-ce que c'est beau !"
Certains passages sont plus "techniques" et j'aime beaucoup. Je cours maintenant depuis bientôt 4h00 et je n'ai pas vu le temps passer. Tout va bien. Je me sens bien. Je m'amuse bien. Je ne m'ennuie pas et me venge de toutes ces longues sorties en solitaire dans le froid et le gris de ce triste printemps. J'adore courir et randonner en plein air. J'adore les sentiers de bords de mer, j'adore le ciel bleu, j'adore l'odeur du goémon à marée descendante, j'adore le soleil sur le sable qui en chauffe les grains, j'adore le ricanement des mouettes qui nous regardent courir alors qu'il fait super chaud, j'adore ...
"Tiens, j'ai une p'tite faim !" (encore) ; mais nul Kinder Bueno, ni Joe Tsonga à l'horizon ... On arrive au Moustoir et enfin je le vois : le 2ème ravito ! Je me précipite. Rebelote, un gobelet d'eau, un gobelet de coca, un gobelet d'eau gazeuse et ... "Z'avez plus de quatre quart ?" "Nan mais où qu'elle se croît, là, la p'tite dame ?" "A l'Auberge du père Soulard ?" "Içi c'est 100% pur sel !" "Frometon, saucisson, pain sec, Tuc (et tac !) ..." "Ah ben zut'alors !" Un coureur en difficulté titube devant moi - probablement un "ultra" - et me renverse une partie de son coca sur les jambes ; je rafle 4 pauvres petites pâtisseries industrielles qui gémissent d'ennui dans le fond d'une grande assiette et m'enfuie prestement comme une voleuse ...
Retour sur le chemin des douaniers. Ca monte, ça descend, ça tourne et ça retourne, il y a des barrières à franchir que même moi je dois les franchir en biais tellement elles sont étroites, des promeneurs, des cailloux, des racines qui poussent dans le sol, des arbres, des fourrés ... "Des fourrés ?" Il fait de plus en plus en chaud depuis notre départ du Bono à 14h00 et comme j'ai bu régulièrement, forcément : une p'tite pause s'impose.
Pen en Mer, Pen Rabine, Pen Mell (marrants tous ces noms en Pen ou Penn qui signifie le bout d'une chose ...), la Pointe d'Arradon, ... 37ème km : "Qu'est-ce que c'est beau !" Kerat, Kerlann, Kerbiloüet, Kerjaffré (Ker = petit village ou petit bourg). Presque le 40ème et l'au-delà du marathon ... Avant dernier poste de pointage : gros moment de flottement. On est 3 coureurs à arriver en même temps et par un facétieux hasard, on porte des dossards avec presque les mêmes numéros mais dans des ordres différents. Un bénévole annonce rapidement 2313 2333 2231 ... Gloups ! L'autre bénévole derrière l'ordi a comme un bug. "Euh, tu me peux le refaire lentement en prononçant clairement ?" Tout le monde rigole. Trop sympa le trail long. On ne voit pas ce genre de scène sur un marathon, voir même sur un trail court, où les sportifs sont à la recherche du temps perdu inutilement ...
A nouveau de la route entre le 40ème et le 43ème, je suis surprise de voir combien j'ai encore les jambes légères quand le terrain me permet de courir ... Probablement la marche ? Dernier ravito. Mamamia, ça va le faire, ça sent l'arrivée cette affaire ... Rebelote, un verre d'eau plate, un verre de coca, un verre d'eau gazeuse. "Vous prendrez bien un peu de gâteau marbré au chocolat ?" "Non non merci, sans façon, je n'ai plus faim" "Allez, allez, c'est le dernier ravito, c'est comme du quatre quart sauf que le chocolat, c'est le cadeau de Bonux" "Ah ben si vous me tentez comme ça ..." Je prends, je mange et je fais bien car le gâteau est délicieux. Je repars ...
Port de Moréac, Moréac, ... Dans ce coin là, on emprunte beaucoup de petites digues, assez étroites à certains endroits, mal pavées, bien dures : je marche. J'entends un coureur derrière moi qui me suit depuis un bon moment. "Vous voulez me doublez ?" "Non non, je vous suis. Vous marchez vite !" Une jeune et sympathique jeune femme. On va rester quelques kilomètres l'une derrière l'autre ; malheureusement, après la traversée d'un petit bois entre le 46ème et le 48ème, avant Campen, je vais la perdre. Je cours de plus en plus. J'ai la patate. C'est comme si mes jambes reconnaissaient le terrain et se mettaient à accélérer d'elle-même afin de rentrer au plus tôt ... D'ailleurs d'une certaine manière, c'est exact puisque le marathon de Vannes passe par Bernus, Conleau, ... mais en sens inverse.
J'ai soif. Je bois et je découvre que j'ai vidé la totalité de ma poche à eau et comme j'ai eu une la flemme de la recharger au dernier ravito ... (la faute à la vendeuse de gâteau ?).
Conleau, l'Île de Conleau, ... il commence à y avoir de plus en plus de monde. Des promeneurs, des spectateurs, des pique-niqueurs allongés sur l'herbe avec des glacières bien remplies ... Des glacières ? Je fonce droit sur eux. "Euh, pardon, puis-je vous demander de l'eau ?" "Vous ne préférez pas une p'tite bière plutôt ?" "Ben c'est-à-dire que ..." (il me reste encore quelque chose comme 7-8 km à faire quand même !).
Peu avant le 50ème : dernier poste de pointage. Le bénévole nous annonce qu'il ne nous reste plus que 10-11 km. On lui redemande plusieurs fois, pensant avoir mal entendu. Nan nan, il confirme. "Bon ben, comme on dit plus c'est long plus c'est bon, hein ?" ... La Pointe des Emigrés, la gare maritime, de plus en plus de monde, je double, je double, je peux presque voir l'arrivée. Je cours je cours. Une fille se place derrière moi et me demande si on peut arriver ensemble. Même pas 2-3 km. Une belle ligne droite. Toute plate. Toute douce. On voit maintenant l'arrivée. Du monde du monde "Allez allez les gars !" Et à notre passage, avec deux fois plus de ferveur : "Allez allez les filles !" (merci les gens). Ayé, l'arrivée, le petit demi-tour, quelques mètres encore, on accélère et ...
7h26'34''. 6ème V2F. 454ème sur 1041 et 48ème féminine sur 244. Je dois presque me pincer deux fois tellement j'ai du mal à y croire. J'avais dit 8h00. J'avais espéré un peu moins. J'avais pensé peut-être plus et là ... C'est inespéré et même après ce long récit, je n'ai toujours pas de mot pour exprimer mon plaisir et mon émotion ; mais je crois que j'ai réalisé là, l'une de mes plus belles courses. En tous les cas, ce fût un réel bonheur pour moi que de la courir et c'est peut-être tout simplement là que réside l'explication de cette première fois réussie ...

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Yep j'ai tout lu et relu..
RépondreSupprimerOn sent le bonheur de participer de partager j'ai toujours senti cela aussi dans mes ultra alors je te dis vite vite que ton corps apprenne bien cet effort mi marche mi course et puis tu en feras de belles courses comme ça... Tu es encore si jeune dans ce fabuleux monde de l après marathon.... ;-)
Super CR et super chrono, grand bravo a toi! Je suis tres contente de voir combien tu y as pris plaisir, un beau defi de fait, tu peux etre fiere de toi!:) Tres bonne recupe maintenant!:) Pelagie
RépondreSupprimerbravo Valdes, très belle course et très beau récit.
RépondreSupprimerBonne récup maintenant
mi
Merci les amis. @Riri, @Mico, venant de vous deux, cela me fait un immense plaisir. Merci énormément ...
RépondreSupprimerQuel beau récit, c'est vrai que ça ressemble plus à un récit qu'à un compte rendu, quelles belles vues!
RépondreSupprimerEt surtout quel beau résultat! Ton bonheur est communicatif !
Régularité parfaite, quand je suivais le live, après le 1er contrôle j'avais dit arrivée en un peu moins de 7h30 sur ces bases-là, et tu l'as parfaitement réussi.
Encore un grand bravo et tu me donnes envie....
Bravo Valdes, superbe compte-rendu!
RépondreSupprimerTes photos me font presque regretter d'avoir participé au 87km et d'avoir raté tous les beaux paysages de la dernière moitié de course. Merci de me rappeler les passages "techniques" qui sont une vraie horreur en pleine nuit et avec des jambes lourdes.
En tout cas, content de voir que tu as pris beaucoup de plaisir sur cette course et dommage de t'avoir raté à l'arrivée (à 5h17 du matin) mais j'avais qu'à aller plus vite.
A bientôt j'espère sur une autre course!
Vincent
Un tres beau recit et en meme temps un guide touristique ! Bravo a toi pour avoir gere ta course et en plus bien profite du parcours !
RépondreSupprimerLudo
héhé que de beau monde ici
RépondreSupprimerbravo encore la Valdes ;-)
Un grand Bravo pour cette course bien maîtrisée, et merci pour ce récit très agréable. Tu as dû prendre tout le quatre-quart, je n'en ai pas vu quand je suis passé !
RépondreSupprimer